France...
au retour

Ici !

Dans quelques jours un bilan de notre demi-tour de France !

Données chiffrées

 

dates Etapes Km Déniv. VM Hébergement
lun. 13 sept. 21 Fontière à Strasbourg 3.82 0 12.24 Auberge de jeunesse 2 rives
mar. 14 sept. 21 Stasbourg 17.3 0 10.3 Auberge de jeunesse 2 rives
mer. 15 sept. 21 Sélestat 62.58 83 16.44 Ibis budget
jeu. 16 sept. 21 Saint Dié des Vosges 47.47 608 16.86 Ibis budget
ven. 17 sept. 21 Le Tholy 40.36 533 17.02 Solwy et Jérémie
sam. 18 sept. 21 Le Tholy       Solwy et Jérémie
dim. 19 sept. 21 Le Tholy       Solwy et Jérémie
lun. 20 sept. 21 Le Tholy       Solwy et Jérémie
mar. 21 sept. 21 Luxeuil les Bains 55.19 430 21.83 RBNB
mer. 22 sept. 21 Autet 76.37 569 18.98 Camping la Plage Autet
jeu. 23 sept. 21 Saint Jean de Losne 82.27 284 19.99 Camping les Herlequins
ven. 24 sept. 21 Chalon sur Saône 87.84 197 19.99 Hotel Ibis Budget
sam. 25 sept. 21 Mâcon 70.54 212 18.73 Hotel Ibis Budget
dim. 26 sept. 21 Lyon 71.38 245 19.31 Hôtel B&B
lun. 27 sept. 21 Lyon       Hôtel B&B
mar. 28 sept. 21 Roussilllon 65.15 214 15.8 Hôtel L'Acilya
mer. 29 sept. 21 Valence 77.23 407 16.39 Vélo gîte
jeu. 30 sept. 21 Montélimar 71.06 252 16.54 Hôtel B&B
ven. 01 oct. 21 Connaux 70.27 185 17.92 Camping Le Dolium
sam. 02 oct. 21 Saint Christol Lès Alès 62.18 551 19.15 Magalie, Cédric et Charly
dim. 03 oct. 21 Saint Christol Lès Alès       Magalie, Cédric et Charly
lun. 04 oct. 21 Saint Christol Lès Alès       Magalie, Cédric et Charly
mar. 05 oct. 21 Montpellier 75.83 620 14.99 Hotel Ibis Budget
mer. 06 oct. 21 Béziers 82.64 292 16.02 Hôtel 1ère classe
jeu. 07 oct. 21 Carcassonne 80.58 458 16.62 Hôtel Audôtel
ven. 08 oct. 21 Avignonnet Lauragais 63.5 338 15.22 Hôtel Fast Hôtel
sam. 09 oct. 21 Castelnau d'Estrétefonds 72.2 87 17.38 Hôtel Eurocentre
dim. 10 oct. 21 Lamagistère 76.99 84 17.63 Auberge de Lamagistère
lun. 11 oct. 21 Barbaste 60.97 189 16.35 Les bastides du Golf d'Albret
mar. 12 oct. 21 Maison 82.65 274 22.1  
France (retour) Totaux 1556.37 7112 413.8  
Moyennes 67.67 309 17.99  

 

Strasbourg

Dans les cases à cocher, il y avait Strasbourg ! Et voilà c'est fait, nous y sommes arrivés hier soir. Nous avons choisi de loger dans l'auberge de jeunesse pour son tarif attractif et surtout son lave-linge !

C'est drôle de dire "bonjour" à la réception d'un établissement hôtelier ! Il y avait longtemps que cela ne nous était pas arrivé ! Bizarre aussi de n'entendre parler que français autour de nous.

Ce matin nous avons rangé notre linge propre et sec et nous sommes partis conquérir Strasbourg à vélo ! Nous nous étions habitué à la circulation policée, courtoise, bien réglée, bien respectueuse,... des cyclistes, piétons et automobilistes de tous les pays que nous venons de traverser depuis la Belgique et là c'est l’ANARCHIE ! "Chacun pour soi" et la "Loi du plus fort ou du plus déterminé" prédominent ! C'est l'horreur !

Entre les vélos dépouillés sur les parkings vélos et cette anarchie circulatoire, aller au centre ville est cauchemardesque !

Nous sommes récompensés de notre peine par une visite commentée en petit train et la visite de l'exceptionnelle cathédrale rose. Un pur joyau venu tout droit du moyen-âge pour nous enchanter, nous les visiteurs modernes ! Un moment de grâce !

Sélestat

La pluie est là, le ciel est gris et triste, tellement triste qu'il pleure à fraîches larmes ! On attend que le chagrin céleste s'apaise un peu et vers 10 heures et demie, on décolle. Longue traversée inintéressante de Strasbourg, ses banlieues et ses faubourgs avant de pénétrer dans une dense forêt sur une piste cyclable déserte.

Ensuite, arrivent les petites villes de l'agglomération avant qu'elles ne disparaissent au profit de jolies petits villages de la campagne alsacienne. Pendant plus de 30 kilomètres nous longeons le canal Rhin-Rhône, navigable et navigué près de Strasbourg puis délaissé au bout d'une vingtaine de kilomètres il est une réserve de faune et de flore naturelle.

Je me trompe de sortie à moins que ce ne soit Osmand qui m'a donné une mauvaise indication ou une bonne indication puisque nous arrivons à un lieu célèbre de pèlerinage en Alsace : Notre Dame de Neunkirch. Selon la légende, un jeune berger, au moyen-âge, aurait trouvé en cet endroit une magnifique statuette d'une vierge à l'enfant qui se mit à produire des miracles. On construisit une chapelle puis une église, puis un monastère,... pour veiller sur la statuette et accueillir les pèlerins.

En fait, cette erreur, fut un petit détour avant de retrouver le canal et la bonne sortie quelques kilomètres plus loin

Une étape quasiment plate, demain nous entrons dans les Vosges, mais demain sera un autre jour.

Saint Dié des Vosges

La "ligne bleue des Vosges" pas vraiment bleue mais vraiment haute et devant nous en sortant de Sélestat. On attaque l'ascension très doucement, la plaine s'élève tout doucement jusqu'à Sainte Marie les Mines dans le Val d'Argent. Les grandes maisons témoignent du riche passé de cette région truffée de mines d'argent. A partir de Liepvre nous quittons la nationale interdite aux cyclistes pour une piste cyclable, ancienne voie ferrée, qui nous conduità l'entrée de Sainte Croix aux Mines et de là nous suivons une large départementale.

A Sainte Marie les Mines débute les 6 km de l'ascension du col de Sainte Marie à 772 m avec des pentes à 10%. Comme le temps est pluvieux depuis ce matin nous arrivons au col batterie vide ! Un restaurant et la réapparition du soleil permettent la recharge d'énergie des humains et des machines !

Après une bonne pause déjeuner au col, à l'Hôtel- Restaurant "Bellevue" que nous recommandons vivement pour la bonne chère, tout fait maison, nous descendons vers Saint Dié des Vosges, notre étape du jour !

Le Tholy

Pas envie de partir, de quitter la chambre au centre de Saint Dié des Vosges. Il fait beau. Notre destination, au Tholy, me donne l'élan pour y aller.

L'étape ne débute pas bien, les automobilistes déodatiens sont très très loin du minimum de courtoisie nécessaire pur partager la route. Une fol-dingo en twingo m'accroche en redémarrant et tournant après un feu. Heureux que d'une part nous n'allions pas vite et d'autre part que mon rétro ait une fixation souple sans quoi j'allais au sol. Rien n'arrête une fol-dingo au volant d'une twingo même pas le bruit d'un choc après un coup dans son rétro elle file.

Ça continue un peu plus loin sur le bout de 4 voies, en sortie de ville, entre les frôlements, les klaxons rageurs et les cris furieux, rien ne nous est épargné. Le passage en 2 voies aggrave même la situation d'autant que des îlots occupent le centre de la rue. Quelques kilomètres plus loin, nous pouvons enfin respirer sur les quelques kilomètres d'une piste cyclable.

Nous entrons enfin dans Gérardmer où nous arrêtons pour déjeuner avant d'arriver au chalet de Solwy et Jérémie. Jérémie, neveu d'Erick nous accueille plus que chaleureusement, Solwy et nos petites nièces sont restées à Zurich.

Nous nous reposons au bord de l'étang au moins jusqu'à lundi matin. Pêche, farniente, hamac, lecture, bavardage au menu du jour. Brame des cerfs, feu de bois,... le soir. Bonne chère midi et soir. Un intermède délicieux et très bien venu, dans un cadre enchanteur.

Luxeuil-les-Bains

Nous avons prolongé notre séjour d'une journée un peu parce qu’il pleuviotait et qu'il faisait froid et beaucoup parce que nous avions besoin de nous reposer. Le petit séjour de trois jours et demie dans le merveilleux chalet de Solwy et Jérémie nous a permis de nous ressourcer. Merci à eux ! C'est donc en pleine forme que nous avons pris la route ce matin.

Environ vingt kilomètres de descente puis deux petits cols avec deux longues ascensions puis une longue descente... Bref une traversée des Vosges !

De jolis petits villages à proximité d'au moins une usine, certains tentent de survivre à la fermeture de l'usine greffant des entreprises artisanales sur le site. Certaines usines tournent, telle De Buyer, fabricant de matériels de cuisine pour professionnels, un village traversé a deux unités de production : une d'absinthe et une de kirsch. Le kirsch est la spécialité du Val d'Ajol que nous avons traversé aujourd'hui. La beauté des églises témoigne du riche passé de ces vallées.

Nous arrivons ainsi tranquillement à Luxeuil-les-Bains. C'est une petite ville dont j'ai beaucoup et souvent entendu parler à Mont de Marsan car comme cette dernière, Luxeuil-les-Bains héberge une base aérienne que les militaires et leurs familles basés dans les Landes redoutent devoir rejoindre lors du ballet annuel des mutations.

Autet

Jolie balade pour quitter les Vosges et rejoindre la vallée de la Saône. La météo était de la partie beau et très frais le matin, beau et doux à partir de la fin de la matinée et très frais le soir. Nous avons traversé de très jolis petits villages. Les plus éloignés des agglomérations et ceux qui perdu leur petite industrie se battent pour survivre et garder un minimum de commerces ouverts. Sur notre route nous n'avons pas trouvé de bar ouvert et peu de supérettes parfois une boulangerie.

Beaucoup de villages ont conservé et bien conservé leurs immenses et beaux lavoirs.

Nous avons rejoint la Saône par un court canal qui mène à un port en passant sous la colline que nous avons escaladé et descendu. En suivant les méandres de la rivière nous sommes arrivés à notre destination finale du jour : un tout petit camping sur la plage du bord de Saône d'un petit village qui mise sur la plage et ses animations pour survivre. Là, se prépare pour le week-end, une animation western. La bande de copains et copines, qui préparent, nous ont invité à dîner avec eux. Nous avons passé une excellente soirée avant d'aller dormir dans un teepee au camping. Nous sommes les seuls clients du camping de la plage d'Autet.

Saint Jean de Losne

Nous avons choisi de descendre la vallée de la Saône en coupant les méandres et donc nous avons roulé sur les côteaux. Nous avons quitté la Haute-Saône pour la Côte d'Or. Toujours de jolis petits villages et toujours de beaux lavoirs ! Nous avons emprunté de très petites routes peu fréquentées puis une départementale un peu plus fréquentée avant d'arriver à une zone de chantier et donc une déviation et au moins cinq kilomètres supplémentaires ! Nous nous sommes arrêtés dans un joli camping à Saint Jean de Losne tout au bord de la Saône.

Chalon sur Saône

Froid et brouillard au départ tardif de l'étape. On a eu, enfin surtout moi, du mal à quitter la couette et le nid douillet et bien chaud de la caravane. On est parti dans le brouillard sur l'Eurovélo 6, le long de la Saône. L'étape du jour Chalon sur Saône. Pause déjeuner le long d’un canal à une aire aménagée pour le pique-nique. Nous en profitons pour faire le point sur la distance à parcourir et là,... on réalise qu'à un moment on s'est trompé de sens sur l'EV6.On est dans le Jura alors qu'on devrait être en Saône et Loire. Demi-tour et comme on est loin de notre route et donc de notre objectif on coupe au plus droit sur une départementale très très fréquentée et pas assez large. Nous l'avons quitté après une vingtaine de kilomètres pour poursuivre sur de petites départementales et rejoindre l'EV6 et de petites routes au bitume velours en petites routes au bitume "gratounette" et petites routes cabossées et défoncées, on arrive enfin à Chalon sur Saône.

Cassés, essorés, rincés, vannés, rôtis, vidés, morts, épuisés, ...on peut utiliser tous ses adjectifs et bien d'autres pour qualifier notre forme à l'arrivée à l'hôtel.

Mâcon

Sous un ciel très très nuageux, nous quittons notre hôtel après une bonne nuit de repos. Nous devons traverser Chalon et cela se fait sans difficulté majeure en ce samedi matin.

Très rapidement, nous franchissons la barre des 7000 km à vélo sur plus de 10 000 kilomètres de voyage tous moyens confondus.

Jusqu'à Tournus, nous empruntons l'anciennement nationale 6 devenue aujourd'hui D906. C'est une départementale très large et boudée par les camions au grand désespoir, sans aucun doute des restaurateurs et hôteliers qui ont du fermer définitivement leurs portes et laissé leurs locaux à l'abandon. Rare sont ceux qui survivent encore ! Les cadavres de tous ces établissements hantent les bords de cette route.

Nous passons par la petite ville de Saint-Loup-de-Varennes où vécut et mourut Nicéphore Niepce, c'est là qu'il aurait inventé la photographie. La première photographie aurait été prise il y a juste un petit peu moins de deux siècles et quelques décennies plus tard Meucci ou Bell ont inventé le téléphone et aujourd'hui je fais des photos, des films avec mon téléphone de tous lieux et en tous lieux. Effarant, la rapidité du progrès technique !

A Tournus, nous quittons la départementale pour rejoindre la piste cyclable le long de la Saône. Au fil de l'eau, nous sommes amusés par les vaches à la plage de l'autre côté de la Saône. Nous croisons quelques cyclos et cyclo-voyageurs. Quelques pêcheurs se sont installés probablement pour le week-end. La vie semble s'écouler aussi paisible que la rivière aux reflets d'or et d'argent en bord de Saône.

Nous quittons le bord de la Saône au centre de Mâcon pour aller rejoindre notre hôtel très au sud de cette ville.

Lyon

De Mâcon à Lyon par l'anciennement nationale 6 jusqu'à Villefranche sur Saône puis le bord de Saône. On part sous les nuages et la fraîcheur, on arrive sous le soleil et la chaleur. On traverse les vignobles de Bourgogne et du Beaujolais. Nous avons réservé un hôtel avec un parking souterrain pour deux nuits. Nos montures sont en sécurité dans le parking sécurisé par une vidéo surveillance.

La Capitale des Gaules est dans les cases à cocher, nous y sommes venus tous les deux, moi dans le cadre de mon job et Erick lors de son tour de France à vélo. Aucun de nous deux n'était monté à Fourvières, j'avais visité la Cathédrale, Erick se souvient de Bellecour,... En utilisant, bus,métro et funiculaire, nous partons à la conquête de l'Histoire de Lyon de l'antiquité à nos jours.

Lyon est à la frontière entre le nord et le sud de la France mais encore dans le nord puisqu'il n'y a pas de chocolatines.

Nous déjeunons copieusement dans un "bouchon", un menu tradition : charcuterie, triperie,....

Après de longues heures de marche, nous rentrons à l'hôtel, vidés et éreintés, les pieds douloureux. Aussi dur qu'une journée de vélo !

Roussillon

Très laborieuse sortie de Lyon. La Viarhona est peu ou pas balisé dans la ville, il faut se débrouiller avec le tracé sur le smartphone, pas génial surtout dans une grande ville. Nous roulions en bord de Saône qui mélange ses eaux avec celles du Rhône à la "Confluence". Tout au bout de la langue de terre est un immense bâtiment blanc qui fait penser à un catamaran. Il abrite le musée de la Confluence.

Jusqu'à Givors, la VR est parfois une mauvaise piste cyclable sur un bout de trottoir ou carrément sur la route. Là, encore le balisage est défaillant.

De Givors à Condrieu, nous nous sommes éclaté ! Trop bien, trop beau, trop... de barrières pour nous pourrir le plaisir, il nous faut à chaque fois descendre pour franchir les chicanes. Aujourd'hui nous sommes passés sur " département : le Rhône, la Loire et l'Isère où nous faisons étape à Roussillon, sur la célèbre Nationale 7 chantée par Charles Trenet. On est vraiment dans le Sud !

Pour les paysages : vignes sur les coteaux, maraîchage et céréales sur la plaine en bord du Rhône.

Pas mal de monde sur la VR, beaucoup de locaux et aussi quelques grands voyageurs comme Victor et Mathilde, deux jeunes cyclo-voyageurs rencontrés aujourd'hui et avec lesquels on a passé un petit moment.

Pour la météo du jour : le ciel a eu bien du mal à se débarrasser des nuages qui ont apporté la pluie la nuit dernière. L'air est resté bien frais toute la journée.

Valence

Une étape exceptionnelle à Roussillon à l'hôtel-restaurant l'Acilya, un établissement marocain, il y avait tout ce qu'il faut pour une belle étape : un merveilleux accueil, un bon couscous, une bonne nuit et un extraordinaire petit déjeuner.

Un départ sous un beau soleil vers la Viarhôna et les beaux paysages des deux rives du Rhône, des vignes, des châteaux, des ruines, l'eau verte, bleue, argentée mordorée du fleuve,.. Des voyageurs et des promeneurs, certains nous interpellent et nous questionnent sur nos montures, des rencontres... Jonathan, ce très jeune garçon, très intéressé par notre voyage, le voyage à vélo en général. Il a été particulièrement intéressé par notre visite au village du Père Noël.

Ce soir nous sommes au Vélo Gîte de Valence avec Angèle, 2 ans, accompagnée par ses parents Marine et Paulo. Un autre cycliste va partager le gîte avec nous.

Montélimar

Après la photo souvenir devant le vélo-gîte nous décollons sous un beau soleil. Il fait un peu frais mais tellement beau ! On a un peu de mal à retrouver la VR malgré les indications données par Bruno, notre logeur ! Du bonheur cette étape sous le soleil !

Le vent du nord s'est invité au tableau météorologique. Le vent du nord, on adore ! On roule vers le sud et le vent nous pousse !

Les villages traversées sont tous plus jolis les uns que les autres. On est dans le sud de la France c'est incontestable. Les toits des maisons se sont aplatis et ils ont rosi, les tuiles romanes et tuiles canal couvrent de leurs ondulations des maisons basses en pierres claires ou crépies dans les tons pierres. Le port fuselé des cyprès ponctue le paysage et décore les maisons.

Sur les rochers qui surplombe le fleuve des ruines de châteaux et de tours de guets ou de défense parlent du passé et de l'importance de la riche vallée du fleuve Rhône. Fruitiers, maraîchers et céréaliers,... occupent l'espace coincé entre les rochers et le fleuve.

Le Rhône c'est aussi beaucoup d'aménagements sur le fleuve pour produire de l'électricité. Comme le fleuve est navigable les barrages n'occupent pas toute la largeur et laissent place aux navires et bateaux touristiques. On y voit des porte-containers, des vraquiers chargés de sable,...

Le passage sur deux passerelles métalliques suspendues nous stresse un peu,... beaucoup. Surtout la deuxième très longue, très haute. Elles sont étroites et bougent beaucoup et d'autant plus que le vent est fort.

L'air est de plus en plus sec et l'après-midi, la température monte.

Connaux

Encore une très belle journée, un poil frais le matin mais un beau soleil et plus du tout de vent ! Nous quittons Montélimar par la RN 7 et très vite nou rejoignons une petite route qui va directement vers le fleuve et donc la ViaRhôna. Nous descendons vers le Sud en accompagnant le Rhône, tantôt à sa droite et tantôt à sa gauche ce qui nous fait passer aussi d'un département à l'autre Drôme et Ardèche puis Gard et Vaucluse. En entrant dans le Gard, nous sommes aussi entrés en Occitanieque nous allons devoir traverser d'est en ouest.

Le beaux villages en bord du fleuve sont marqués par ses colères. Ici et là des plaques commératives de décès lors de crues exceptionnelles, plaques indicatives des hauteurs d'eau atteintes. Hautes digues, fossés, zones de débordement (dans les Landes ces zones sont appelées barthes)... les hommes tentent tout pour contenir et se prémunir des colères du monstre qui est tellement beau qu'ils ne peuvent pas vraiment s'en éloigner.

Le Rhône c'est aussi le nucléaire : Cruas-Meysse, Tricastin, le site de Marcoule (recherche et production). Ces trois sites sont très proches les uns des autres….

Sur les hautes falaises dominant le fleuve, toujours de fantomatiques restes de châteaux , parfois des croix ou statues religieuses indiquant que les habitants se sont placés tour à tour sous la protection des puissants et des Dieux.

Moins de maraîchage, toujours des céréales, des fruitiers et des vignes auquels se sont ajoutés des champs de lavande. On approche de la Provence, les odeurs ont changé, l'air est devenu très doux presque un peu sucré. Les gens que nous rencontrons ont très vte le sourire et répondent à nos "bonjours". Les automobilistes sont aussi un tout petit peu plus courtois.

Saint Christol Lès Alès

Nous quittons le camping et le village de Connaux après nous être documenté sur le gentilé des habitants qui ne sont points des connaux et des connasses mais des connaulais et connaulaises.

Le brouillard est épais et ça brouillasse pendant la première dizaine de kilomètres. La brume s'efface pour laisser place à un beau ciel bleu pur. Le vent forcit un peu et le ciel s'ennuage en début d'apès-midi.

Dans les cases à cocher "si possible", il y avait le passage à Saint Christol Lès Alès où résident Cédric, Magali et leur fils Charlie, un autre de nos neveux, côté Erick. C'est pourquoi nous avons quitté la Viarhôna pour foncer lentement vers l'ouest.

Les vignes nous accompagnent de même que les vignerons qui foncent à toute allure avec leurs petits tracteurs et leurs petites bennes de la vigne à la cave coopérative ou à la cave personnelle. Dans les virages, les ronds-points, à cause des trous et des bosses quelques grappes du précieux chargement sont projetés sur la route et pressées entre les pneus et le bitume. Sous nos roues le jus de raisin chuintent. Nous sommes en pleine vendanges, les vignerons s'activent, le bulletin météo les inquiètent. Une pluie violente, une grêle,... pourrait anéantir une récolte amaigrie par des gelées fortes et tardives.

Les paysages évoluent au fil des kilomètres, nous sommes dans le Gard, au pied des Cévennes, la route s'élève et redescend au gré des ondulations du paysage. Nous frôlons des parois rocheuses, des falaises abruptes, des monts escarpés. Du mont Bouquet s'échappe un bouquet de parapentistes qui tourbillonnent sous leur voiles colorées tel des insectes suspendus à des ailes de papillons.

De beaux villages de style provençal jalonnent notre route. Nous posons dans l'un d'eux pour un casse-croûte réparateur avec un pain acheté chez le boulanger et du jambon cuit par par le boucher ; Un vrai délice, simple et excellent.

Nous arrivons chez nos neveux et nous y retrouvons avec bonheur leurs parents, la sœur d'Erick et son époux. Évelyne et Benoît nous avaient accueilli à Nantes quelques jours après notre départ. Quelques jours de repos avant de reprendre la route pour l'ultime phase du voyage.

Montpellier

C'est toujours un peu triste de dire au revoir aux siens, toujours un peu douloureux. Derniers bisous, petits signes de la main et nous disparaissons à leur regards et eux de nos rétroviseurs.

C'est une bonne chose d'être allé voir nos neveux, nous aurions été obligé de nous arrêter au moins deux jours à cause d'une alerte météo pluie-inondations, un "épisode cévenol". En effet, il a plu des trombes d'eau et beaucoup de cours d'eau sont sortis de leurs lits.

La pause fut aussi bénéfique pour nous, nous nous sommes bien reposés et ce n'était pas du luxe mais une nécessité.

Ce matin, il fait frais mais le soleil nous promet de nous réchauffer, enfin c'est ce que nous pensions au départ.

Nous traversons toujours de beaux villages et chemin faisant, nous arrivons à Campagne. Nous n'entrons pas dans le Campagne landais mais dans celui de la communauté de Communes de Lunel.

Les nuages occultent le soleil et laissent même tomber quelques gouttes. Le mercure n'est pas vraiment monté dans le thermomètre.

Les collines succèdent aux collines, nous les franchissons par de toutes petites routes parfois très dégradées par les intempéries. Nous retrouvons l'agitation de la circulation à l'approche de Montpellier, ville-étape du jour.

Villeneuve Lès Béziers

Vent frais, vent du matin
Vent qui souffle au sommet des grands pins
Joie du vent qui souffle
Allons dans le grand

 

Vent frais, vent du matin...

qui ne souffle pas qu'au sommet des grands pins, pas du tout dans notre dos et souffle très fort.

Vent frais, vent du matin qui pousse les nuages au loin...

Nous avons rejoint la côte méditerranéenne, ses étangs, ses ibis, ses pistes cyclables, ses constructions moches, ses plages presque vides, ses campings désertés.... Aujourd'hui, la mer est aussi bleue que le ciel.

Sète, la ville de Brassens, le port d'où partent les bateaux pour le continent africain ou pour la pêche ou débarquent fruits et légumes d'ailleurs qui font rêver nos âmes de voyageurs et vagabonder nos pensées....

Nous déjeunons à Sète chez Nora et Tonio que nous avons rencontré à Mâcon. Ils possèdent, quai d'Alger un excellent restaurant portugais. La morue était fameuse.

Nous récupérons la piste cyclable à la sortie de Sète, longue et belle piste le long des plages. Nous dégustons la Méditerranée à grande goulée et le vent à grandes embardées. Les étangs succèdent à la mer.

La piste s'éloigne du trait de côte et s'élève pour entrer dans Agde. Nous la quittons pour rejoindre Villeneuve lès Béziers au terme d'une longue et belle et pénible étape à cause du... Vent frais, vent du matin, et aussi vent fort de l'après-midi.

Carcassonne

Les jours se suivent et... ne se ressemblent pas toujours ! Le vent a viré de bord et forci ! Vent de nord-ouest , vent de face. Vent qui donne l'impression qu'on monte lorsqu'on roule sur le plat voire lorsqu'on descend. Il faut pédaler fort très fort et à l'arrivée nos batteries sont extra-vides. Nous nous sommes comme nos batteries, extra-vidés à l'arrivée à notre hébergement du jour à l'entrée de Carcassonne.

Malgré le vent qui nous a quelque peu gâché le plaisir de l'étape, nous avons pu admirer des paysages magnifiques, des monuments simples mais beaux. Chacun de ces simples chefs d’œuvres nés du génie humain de nos anciens, voire de nos ancêtres m'interpelle. Que restera-t-il dans 1000 ans comme témoignages culturels, cultuels, utilitaires collectifs tels que ponts, viaducs, places, routes, canaux,.... ?

Hors le Canal du Midi, toujours difficilement praticable surtout avec nos vélos attelés de charrettes, les routes escaladent les collines qui enserrent les rivières et bien sûr le Canal lui-même. La région que nous traversons est elle-même encadré au nord par le Massif Central et au sud par les Pyrénées. La configuration géographique et géologique de cette région explique pourquoi en cas de fortes et soudaines pluies les rivières enflent et débordent très vite. Les innombrables petits cours d'eau et rus recueillent l'eau qui se déversent sur les collines pierreuses et rocheuses et la déverse en torrents furieux dans les rivières.

Les vignes couvrent la majorité des sols cultivés. Les vendanges semblent terminées. Des effluves de vin nous chatouillent les narines, ici et là, lorsque nous passons à proximité de caves coopératives ou privées ou près de lieux de dépôt des rafles, grains et peaux de raisin avant épandage dans les champs.

Petite pause à Capestang où l’on admire un magnifique trompe l’œil peint près d'une belle fontaine construite pour abreuver les animaux et les hommes. Cette fontaine démontre que les capestanais ont le goût des belles choses depuis fort longtemps ! Le trompe l’œil s'intègre extraordinairement bien aux maisons voisines, le principe du trompe l’œil me direz-vous. Oui,mais là...

Avignonnet Lauragais

Je peux re-chanter "Vent frais, vent du matin" en quittant Carcassonne ce matin. Il est plus que frais le vent ce matin, il est très froid et qui plus est d'ouest et donc de face. Dernier salut à la belle Cité de Dame Carcas et nous lui tournons déjà le dos en fonçant plein ouest par la D33 qui nous portera jusqu'à Castelnaudary. La départementale D33 est parallèle à l'autoroute A61, à la voie ferrée Toulouse-Nice et l'ex-nationale 113 devenue départementale D6113. Ce n'était un vrai bon choix car très fréquentée par des automobilistes épris de vitesse, très étroite et au revêtement déformé.

A Castelnaudary nous prenons le chemin de halage du Canal du midi mais hélàs pas pour longtemps, un chantier d'abattage des platanes malades l'obstrue. Une petite route nous permet de prendre de la hauteur en nous faisant accéder au plateau sur lequel est déroulé le ruban de la D6113. Nous nous restons sur notre petite route avant de redescendre vers le Canal et nous retrouver coinçé par un autre chantier d'abattage. Des bateliers nous indique un plan B pour rejoindre le Ségala par un chemin herbeux.

De déviations, en mauvaises pistes et en petites routes nous arrivons au seuil de Naurouze où se trouve la ligne de partage des eaux du Canal qui de ce point haut partent vers l'Atlantique et à l'opposé vers la Méditerranée. C'est également à cet endroit qu'arrive par un autre canal l'eau de la Montagne noire récupérée et concentrée dans le lac artificiel de Saint Férréol. Le génie de Pierre -Paul Riquet s'exprime en ce lieu dans sa plénitude et ce n'est pas Neptune qui me démentira !

Malgré nos mésaventures du jour, nous avons pris un très grand plaisir à retrouver le Canal du Midi tellement cher à mon cœur. Nous dînons et dormons ce soir à la "dînée" et la "couchée" de Port Lauragais.

Castelnau d'Estrétefonds

Frais et très nuageux le ciel du matin mais l'oracle météo nous promet un soleil radieux et de la chaleur. L'oracle n'a pas réussi à motiver le roi soleil à darder ses rayons à travers les nuages. Les nuages ont même réussi à larguer quelques gouttelettes. En revanche pas de vent même pas le génial vent d'autan que j'adore quand je roule vers l'Atlantique !

Il en faudrait beaucoup plus pour saper ma bonne humeur quand je peux enfin rouler près de mon cher Canal et traverser ma très chère Toulouse. Toulouse, ô Toulouse... pour claude Nougaro c'était les Minimes pour moi c'est Saint Aubin – La Colombette. Nous avons la gare Matabiau en commun... Les Ponts Jumeaux assure joliment la jonction entre le Canal de Brienne, le Canal du Midi et le Canal Latéral à la Garonne. Le canal Latéral à la Garonne construit bien après le Canal du Midi complète l’infrastructure imaginée par Pierre Paul Riquet en 1662 pour faire transiter les marchandises de la Méditerranée vers l'Atlantique et vice versa via Toulouse.

Je savoure, je déguste l'eau vert pâle, les péniches amarrées aux ports, les platanes qui inclinent leurs branches pour que leurs feuilles parviennent à toucher l'eau. Je me délecte, je me régale des belles écluses, des jolis petits ponts routiers, des ponts canaux qui enjambent les rivières et ruisseaux.

Aux Ponts jumeaux je dis au revoir à mon cher Canal et enchaîne avec le Canal Latéral à la Garonne. Nous apprécions le revêtement neuf dès le départ.

Pour la charge solaire entre les arbres et les nuages c'est mission impossible aujourd'hui, il faut rouler à l'économie et ça me va bien de ralentir le rythme.

Lamagistère

Très nuageux et frais ce matin mais la web-météo est optimiste : le soleil va percer la couche nuageuse ! Petit à petit en avançant vers l'ouest le ciel devient de plus en plus lumineux et en effet le ciel s'illumine peu à peu.

Nous passons de la Haute-Garonne au Tarn et Garonne et la piste au bord du Canal reste de très bonne qualité.

A Montech nous nous arrêtons déjeuner sur le site réaménagé de la "pente d'eau". On peut aujourd'hui s'approcher des énormes motrices qui faisaient monter les péniches avec l'eau qui leur permettait de flotter. La "pente d'eau" a été mise en service quasiment au moment du transfert du transport fluvial au transport ferroviaire et routier. Une péniche "expo" est mise en situation.

Un club mobylette arrive sur le site pour y déjeuner. Ciao, 103, Bleues, Oranges, 109, Vespa,...chevauchées par des passionnées et passionnés défilent devant nous. Souvenirs,...

Comme souvent nos montures attirent les curieux et les photographes. Il y a les photographes qui assument et demandent l'autorisation et ceux qui font les clichés l'air de rien.

Castelsarrasin, la ville de Pierre Perret, mais aussi ville de garnison et en ce beau dimanche d'octobre, ville morte. Nous devrons attendre Moissac pour espérer boire un café.

Après la traversée du Tarn par le beau pont-canal du Cacor, je chute au pied de la rampe qui fait franchir le Canal aux cyclistes et piétons pour entrer dans le centre-ville. Les gravillons dans le virage serré m'ont été fatals. Blessures plus grave pour mon ego que pour mon corps !

Nous entrons dans le centre-ville de Moissac pour deux bonnes raisons : boire un café et revoir la magnifique abbatiale Saint Pierre. Un bon café accompagné d'une crêpe caramel-beurre salé sur une terrasse ensoleillée sur le parvis de l'église suffit à notre bonheur de l'Instant.

Nous poursuivons ensuite notre route jusqu'à l'auberge de Lamagistère à deux tours de roues du Canal pour conclure une belle journée de vélo.

Barbaste

Froid vif ce matin, à peine plus de 7° et un épais brouillard qui ajoute de l'humidité et augmente le froid ressenti.

Le soleil apparaît peu avant Agen avant de re-disparaître dans le brouillard pendant la traversée de la ville, il réapparaît peu après le pont Canal d'Agen.

Pause déjeuner à Sérignac-sur-Garonne, joli petite bastide avec son église au clocher tors, ses ruelles médiévales et... ses deux restaurants fermés aujourd'hui. Nous arrivons à l'épicerie du village juste à l'instant où l'épicière allait abaisser son rideau. Nous déjeunons au cœur du village dans le jardin des simples. Le soleil réchauffe un peu nos os gelés.

Nous rejoignons le Canal pour les ultimes kilomètres au bord de ses eaux vertes et calmes. Peu de cyclistes, quelques cyclo-voyageurs, quelques rares promeneurs avec ou sans chien(s) et quelques coureurs, joggeurs ou marathoniens.

C'est notre avant-dernière étape de ce magnifique voyage. Un mélange de soulagement et de nostalgie alterne en nos cœurs. Nous sommes déjà en projet pour le prochain voyage mais on va d'abord boucler celui-là et aller dormir demain dans notre maison, dans notre lit !

Retour à la maison

Frais le départ pour notre toute dernière étape, à peine 7° au thermomètre. Nous avons ressorti les doudounes et les gants chauds de nos malles.

Dans cette région et en particulier dans ce coin là, on trouve beaucoup de "bastides". Les bastides sont des petites villes médiévales souvent fortifiées construites d'un bloc sur plan préétabli le plus souvent rectangulaire ou carré avec des rues rectilignes qui se coupent à angle droit et dont certaines conduisent aux portes de la ville. Il y a parfois une rue qui fait le tour de la ville au pied des remparts. Il y a quelques rares bastides rondes comme la bastide du Fourcès dans le Gers. Hier nous sommes passés par la très belle bastide de Vianne au bord de la Baïse et celle de Lavardac. Aujourd'hui, nous avons traversé la jolie petite bastide de Durance et celle un peu plus imposante de Saint Justin dans les Landes.

Nous avons quitté le Lot et Garonne pour rentrer dans nos Landes au terme d'une belle et grande boucle de plus de 8000 kilomètres à vélo et d'environ 11500 kilomètres tous moyens de déplacements confondus : vélo, auto et bateau.

Nous sommes heureux de retrouver notre famille et notre maison et heureux d'avoir réalisé notre projet totalement.

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